World Food Photography Award 2026

 

Deux images en shortlist pour ma toute première participation à un concours international ! Pour être honnête, je suis encore sous le coup de la surprise.

J’avais soumis six photos, poussée par une saine curiosité. Pour une structure naissante comme la Galerie Bokeh, il est crucial de comprendre l’écosystème des concours et des candidatures de l’intérieur. Mais je me suis vite prise au jeu.J’avais soumis six photos, poussée par une saine curiosité. Pour une structure naissante comme la Galerie Bokeh, il est crucial de comprendre l’écosystème des concours et des candidatures de l’intérieur. Mais je me suis vite prise au jeu.

Je suis une observatrice exigeante, surtout envers moi-même. Le nombre de mes clichés que je juge sans intérêt et que je supprime est impressionnant. Pourtant, au fil des années, je me suis constitué une "petite galerie personnelle" : ces photos qui, pour une raison ou une autre, refusent de quitter ma mémoire. Parmi les six envoyées, deux ont été retenues. Elles partagent cette même « tendresse ironique » pour des instants uniques, capturés dans des lieux que j’affectionne particulièrement.

Cyrus et Nabuchodonosor (Hong Kong)

Tout commence lors d’un déjeuner d’affaires au Petrus, au sommet du Shangri-La. Alors que nous passions commande, le sommelier s’est approché, portant avec une fierté presque solennelle une bouteille aux proportions monumentales.

Saisie par le contraste, j’ai demandé la permission de fixer cet instant frappant. Ce n'est que plus tard, en passant l'image en noir et blanc, que sa force m'est apparue : l'incroyable expression de Cyrus, le noir profond de son costume se mariant à l'obscurité du vin, et cette lumière crue venant des baies vitrées de la tour qui sculpte les reflets du verre. Une rencontre entre l'excellence du geste et la démesure.

Fong Seng Carnes Asadas (Macao)

Un week-end de flânerie dans la vieille ville, là où l’âme portugaise s'est mariée aux traditions chinoises. Je suis tombée en arrêt devant cette boutique de salaisons : les jambons suspendus à la devanture comme à Porto, mais dans une mise en scène qui évoque les canards laqués de Pékin.

En retravaillant l’image dans un esprit noir et blanc vintage, j'ai cherché à mettre en valeur chaque nuance de gris. Et c’est là, des années après la prise de vue, que j’ai découvert le geste minutieux d’un second personnage, caché derrière la vitrine. Cette photo n'est plus seulement un souvenir de promenade ; elle raconte une histoire complète que je n'avais pas vue au premier coup d'œil.

Passée l’excitation de la nouvelle, j’ai été mise au pied du mur. Se réjouir en tant qu'artiste est grisant, mais j’ai presque immédiatement basculé dans une posture professionnelle.

Réunir les informations techniques, préparer les fichiers haute résolution pour l'impression grand format, prévenir le restaurant Petrus par courtoisie et respect du droit à l'image (sans encore dévoiler le concours), coordonner la création d'un Reel de qualité professionnelle pour Instagram...

C’est précisément dans cet enchaînement de tâches, logistiques, juridiques et esthétiques, que j’ai senti que le projet de Galerie Bokeh était fait pour moi. Défendre une œuvre, c'est aussi savoir la porter techniquement et humainement vers son public.

 
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