Librairie d'art - Pékin

 

J’aime visiter les librairies d’art autant que les galeries. On y retrouve la même attention au détail, le même respect pour la beauté matérielle : le papier, la reliure, l’impression.

Mais ici, à Pékin, il y a une dimension supplémentaire : le mystère.

Je ne comprends pas les textes.

Pour moi, ce n’est pas une librairie pour lire, mais pour regarder. Je feuillette les livres comme un enfant feuillette un livre d’images, attirée par les couleurs, la composition, les volumes, les contrastes.

Nature vivante

Les livres ne sont pas simplement alignés : ils semblent posés, en attente, presque vivants. Certains se donnent à voir, d’autres se cachent derrière des couvertures sobres ou d’épaisses boîtes cartonnées.

Je m’arrête devant un livre d’apparence modeste, à la couverture de cuir brun un peu usée, et je le feuillette machinalement. C’est un recueil de dessins chinois. Mais page après page, je réalise que ce sont des centaines de dessins. Le livre est si épais qu’il semble contenir un monde entier. Le genre de découverte qui suspend le temps.

Paysage invisible

En tournant les pages, j’ai senti la rugosité du papier, le léger relief du fil des feuilles sous mes doigts. Et c’est seulement en refermant le livre, en prenant un peu de recul, qu’un autre secret s’est révélé : la tranche elle-même formait un dessin. Un trait continu, discret, comme une respiration laissée par l’artiste pour celui qui prend le temps de regarder. Dans cette librairie, on n’entre pas pour apprendre, mais pour rêver.

Passage bleu

Et, au fond, ce couloir étroit baigné d’une lumière bleue : un passage magique vers l’inconnu ?

 
Précédent
Précédent

Galerie de la Porte Rouge, Pékin

Suivant
Suivant

Galerie Li - Pékin