Une galerie ?
L’idée n’est pas née d’un coup. Elle m’accompagnait depuis longtemps, comme un murmure discret. Chaque voyage, chaque musée, chaque émotion devant une œuvre d’art nourrissait une sensibilité que je n’exprimais pas vraiment. Ici, dans cette maison, je me surprenais parfois à rêver. J’imaginais ces murs de pierre habités par de grandes toiles, par des œuvres contemporaines capables de dialoguer avec la lumière et le silence des pièces. Mais je gardais ce rêve pour moi, comme une pensée trop fragile pour être dite.
Il y avait aussi une part d’égoïsme, je l’avoue. L’envie de transformer mon quotidien, d’introduire dans ma vie un rapport à l’art plus intime, plus proche, moins lointain que les musées visités au détour de mes voyages. Besoin de créer un lieu où la beauté viendrait à moi, où elle prendrait racine dans un espace familier.
Puis il y eut un déclic. Le glissement presque invisible entre une rêverie et un projet. D’abord : « ce serait bien d’imaginer des grandes œuvres sur ces murs ». Puis : « et si on exposait vraiment sur ces murs ». Et enfin : « et si on ouvrait une galerie d’art ». Trois phrases, trois étapes. De la pensée intime au geste fondateur.
C’est ainsi qu’une maison familiale un peu endormie s’est révélée à moi comme un espace possible, non plus pour moi seule, mais pour d’autres. Un lieu pour exposer, pour partager, pour faire circuler l’émotion.
Un pas après l’autre, une idée qui s’élève.n